Entretien entre Urbest & Kipsum sur l’économie d’énergie grâce au contrôle prédictif optimal.

Hugo Gervais : Il existe différentes solutions pour arriver à des économies d’énergie. Quelle est votre approche innovante ?

Christophe Taillandier : Certaines sociétés font de l’agrégation de factures. D’autres cherchent les différences d’une année à l’autre pour détecter des usages non conformes des installations. Parfois les sources d’économies arrivent avec l’installation de nouveaux équipements plus récents.

Chez Kipsum, nous régulons par anticipation et de façon automatisée, les équipements de chauffage, de climatisation et les process de nos clients. Nous conservons le matériel en place en ajoutant des capteurs si nécessaire et proposons une consommation optimale sans dégrader le confort.

Quelle est votre approche par rapport aux ajustements des températures cibles et à la régulation de la consommation ?

C.T. : Les gestionnaires immobiliers ont deux questions fondamentales pour la gestion de l’énergie.

  1. Quels sont les réglages à faire pour un confort optimal tout au long de l’année ?
  2. Comment faire des économies d’énergies dans ces conditions ?

Pour la première, nous savons que la météo évolue chaque heure, le présentiel-distanciel se définit à la journée et la production s’établit sur la semaine.

Pour la seconde, en connaissant à l’avance les pics de température, de présence et de production, Kipsum régule par anticipation les équipements du bâtiment en se reposant sur un jumeau numérique qui permet ainsi, à confort équivalent, de réduire la facture mensuelle d’électricité et de gaz.

H.G. : Les optimisations proviennent d’un algorithme. En quoi cela consiste-t-il ?

C.T. : Un algorithme est une suite d’instructions et d’opérations permettant de trouver la solution à un problème donné. Kipsum est créateur et propriétaire d’une architecture complète d’algorithmes capables de reproduire fidèlement les caractéristiques techniques des bâtiments et des équipements de production puis de réduire de 10 à 25% leurs consommations énergétiques.

Les algorithmes de modélisation permettent de définir par Machine Learning les caractéristiques physiques du bâtiment (isolation, fuites énergétiques), du système de chauffage et de climatisation. Les spécificités météorologiques sont prises en compte de manière géolocalisée. De même pour les données liées à la présence des occupants. Pour les équipements de production, le gros du travail se concentre sur ceux qui consomment énormément d’énergie. Le résultat de cette modélisation fidèle à l’original s’appelle le jumeau numérique énergétique.

Grâce aux algorithmes de pilotage, il est possible d’anticiper les demandes énergétiques et d’ajuster la commande des systèmes en place. On parle alors de contrôle prédictif optimal.

H.G. : Est-ce que vous allez sur site pour régler des chaudières comme un mainteneur ?

C.T. :  Le mainteneur est essentiel dans l’installation. Il en assure la conformité. Nous apportons un complément pour obtenir une minimisation de la consommation

Un déploiement se prépare en 2 étapes. Tout d’abord, nous réalisons un Protocole d’Accord Technique en 2 mois avec l’installation de capteurs (2 heures à 1 journée pour les usines), nous créons le jumeau numérique énergétique sur nos serveurs (2 semaines), puis travaillons en « Boucle Ouverte » avec le responsable technique en lui donnant des recommandations journalière ou hebdomadaire à rentrer manuellement dans le système. Cela nous permet de valider notre modèle ainsi que nos optimisations de l’ordre de 8 à 13% par rapport aux années précédentes. Nous réalisons cette première étape en 2 à 3 déplacements sur 2 mois.

Par la suite, un abonnement donne accès en automatique à notre contrôle prédictif optimal automatisé qui va permettre d’atteindre des gains de l’ordre de 15 à 25%. Nous travaillons avec la « cybersécurité » pour mettre en place un pont informatique qui leur permet de venir chercher sur nos serveurs les informations de pilotage et qu’ainsi ils gardent le contrôle complet des données entrées dans leurs installations et gèrent le niveau d’automatisation. C’est ce qui est plébiscité aujourd’hui par l’ensemble des Grands Comptes. Nous intégrons dans notre offre la possibilité de fournir des données chiffrées de Retour sur Investissement en cas de passage à la géothermie, à une pompe à chaleur ou tout travaux de rénovation énergétique

H.G. : Est-ce qu’il y a des types de bâtiments plus faciles à optimiser que d’autres ?

C.T. : La plupart des bâtiments à optimiser sont des bâtiments tertiaires, logistiques ou industriels.

-       Le tertiaire (logements, bureaux, écoles) à de nombreuses pièces donc demande plus d’étude

-       La logistique (stockage, hypermarchés, concessions) est d’un seul bloc donc est plus rapide à modéliser

-       L’industriel (automobile, aéronautique, aciérie), les bâtiments sont divers et pour des usages extrêmement variés, donc est plus difficile

H.G. : De quoi a-t-on besoin pour savoir si l’on peut économiser ? Et comment se lancer ?

C.T. : Généralement nous intervenons sur des surfaces supérieures à 4 000 m² ou avec une consommation énergétique supérieure à 60 K€. Pour commencer nous avons besoin des plans du bâtiment, du dernier audit énergétique, des factures mensuelles de consommation des 2-3 dernières années ainsi que des détails techniques sur les installations.